FRAGMENTS

Journal d'un travail photographique et sonore sur les abords du canal de l'Ourcq

Repérages 1: Pantin

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Introduction

Pour cette première session de travail, nous avons décidé de commencer par Pantin, la première ville limitrophe de Paris. Nous nous sommes particulièrement intéressés à la rive droite du canal. La plus complexe au niveau de l’aménagement, car coincée entre les rails et le canal, avec une très forte emprise industrielle. La rive gauche a bien plus l’aspect d’une ville de banlieue classique avec comme problématique majeure la RN3 qui traverse la ville.

Le rail

Cette rive droite est marquée par l’emprise ferroviaire, avec les rails de la gare de l’est qui sortent de Paris et forment une véritable tranchée sur plusieurs dizaines de mètres de large. Ce rail est accompagné de ses techni-centres, entrepôts logistiques et autres zones de fret. Le tout limite les connexions, entre un côté et l’autre, à quelques tunnels ou ponts.

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Zone industrielle

La proximité du rail et du canal, axe de transport important, a favorisé l’installation de zones industrielles et d’activités. Leur emprise est très importante sur cette zone. Ce sont des zones qui ne sont pas étudiées pour la vie mais à échelle de camions et de gestion logistique des marchandises. Au sol, des parcelles très étendues se retrouvent donc clôturées et infranchissables. Ce sont des zones de contournement. C’est ce qui pose un réel problème dans l’aménagement de ce territoire. Comment de telles zones peuvent-elles communiquer avec la ville? Etre réintégrées dans une logique mixte?

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Cependant, des éléments architecturaux particuliers apparaissent au milieu de ces zones. Comme cette caserne de pompiers dans un style rappelant Le Corbusier, rue Henri Cartier Bresson. Ou encore l’imposante structure de béton des entrepôts Citrail.

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Portes de Paris / Mairie

A la limite de Paris, la rénovation urbaine est plus avancée avec la réhabilitation des grands moulins ou encore la construction du tramway. La ville forme un tissu plus continu jusqu’à la mairie de Pantin.

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Peu après la mairie, seul un fin bras composé d’ensembles d’immeubles subsiste au bord du canal, avant de laisser totalement la place aux locaux industriels.

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Conclusion

Pour conclure sur ces premiers repérages à Pantin, nous voyons apparaître une coupure de la ville, par le biais du canal, qui se fait de plus en plus apparente au fur at à mesure que l’on s’éloigne de Paris. La rive gauche constitue la vraie zone urbaine de Pantin avec un tissu dense, continu et mixte. La rive droite est bien plus problématique, car très fragmentaire.

Cette rive droite, qui a capté notre intérêt, fait apparaître deux aspects d’organisation du territoire que l’on retrouve le long du canal. Le premier est l’axe de communication que forme le canal. En effet, de nombreux tracés le suivent - notamment les tracés ferroviaires (RER, métro et trains) - et trop souvent forment une barrière, avec très peu de points de passage. Le deuxième aspect est induit par le premier, puisque les industries s’implantent à proximité des grands réseaux de transports. Cependant, le caractère monospécifique de ces zones et leur non intégration aux villes, qui se sont largement développées autour, posent aujourd’hui problème. Nous sommes donc ici face à la question du ‘‘zoning’’ qui a été très longtemps la manière de concevoir l’aménagement urbain. Comment réaménager ces zones? Ramener une mixitée? Retrouver des connexions avec les alentours?

Repérages 1: Bobigny

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Introduction

Après avoir exploré la rive droite de Pantin, nous nous rendons en voiture à Bobigny. Nous commençons nos repérages vers le centre ville, pas très loin de la préfecture. La première chose qui frappe lorsque l’on arrive à Bobigny, c’est son identité architecturale. Les années 60/70 ont laissé leur empreinte de manière forte.

La dalle

C’est donc naturellement, que nous commencons par traverser la dalle d’un grand ensemble pour nous diriger vers la préfecture. Dédales labyrinthiques, dénivélations et multiplications des espaces sont au rendez-vous. Espace de vie, opposé à l’espace dédié à la circulation automobile au sol. Sortes de jardins suspendus modernes.

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La butte

Finalement, nous parvenons au bout de la dalle. Entre nous et le canal se dresse une butte sur laquelle circule le tramway sur tout la longueur, limitant l’accès. Ces buttes sont probablement constituées du remblais issu de la construction de la ville. Nous montons sur l’une d’entre elles pour profiter du point de vue sur la préfecture.

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La préfecture

La préfecture de Bobigny est un ensemble architectural vraiment impressionant, d’une esthétique forte et tranchée. Un vaisseau noir flottant au milieu d’une immense esplanade.

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Le parc de la Bergère

Nous trouvons finalement un passage pour traverser la butte et nous diriger vers le canal. On pénètre alors dans un très grand parc. C’est un espace vert comme il y en a peu, mis à part le parc de Sevran, aux abords du canal dans sa zone urbaine. Il est très aménagé et propose à la fois de grandes étendues et des coins plus intimes, avec parfois des ambiances un peu surréalistes (cercle de pierres au sol rappelant Stone Age). Mais surtout il y a cet espace vide, quasi lunaire, où l’on a pas de végétation, juste une vaste étendue de terre battue.

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Sur l'autre rive

Le parc se termine sur les berges du canal, sur la rive droite. De l’autre côté, une très fine bande d’herbe et derrière un mur s’étend sur des dizaines et des dizaines de mètres de long. La rive gauche est particulière à Bobigny, puisque la ville ne possède qu’une fine bande aux bords du canal. Coincée entre le canal et la N3, cette bande est composée de locaux industriels et commerciaux, tantôt en activité, tantôt abandonnés. C’est une zone très intéressante, que nous explorerons par la suite, d’autant qu’elle est sujet à un vaste projet de rénovation urbaine.

Conclusion

En conclusion de ce petit tour dans le quartier de la préfecture à Bobigny, nous voyons apparaître de nouveaux thèmes par rapport à Pantin.

L’aspect architectural, en particulier les grands ensembles, qui compose la trame du centre ville de Bobigny. C’est un élément important dans le paysage du canal et qui pose aujourd’hui des questions, par exemple sur les principes de dalles. La ville n’est plus envisagée de la manière aujourd’hui et l’on tend à vouloir ramener la dalle au niveau du sol. Réintégrer ces ensembles au reste de la ville.

Le deuxième thème que nous avons vu apparaître concerne les espaces verts. Mais surtout l’ambiance particulière qui se dégage au parc de la Bergère. Une ambiance difficile à décrire, elle est de l’ordre du ressenti et du visuel. Une sensation surréaliste, accentuée par le vide qui l’habite en certains endroits très vastes.

© Basses Lumieres 2011