FRAGMENTS

Journal d'un travail photographique et sonore sur les abords du canal de l'Ourcq

Repérages 13: Sevran

Introduction

Cette session de prises de vues est consacrée à deux espaces vides situés à Sevran: celui que nous avons surnommé, lors d’une précédente session, “stalker” et la friche kodak. Ces deux lieux font partie de ceux retenus pour l’un de nos quatres tableaux, dédié aux espaces vides (cf la partie “tableaux” pour l’exposition).

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Stalker 2

Nous commençons par nous rendre dans la friche “stalker”. Nous lui avions donné ce nom du fait de sa topographie particulière et des traces humaines éparses que l’on y trouve. Un ensemble de petits monticules de terre, entourés par une butte en forme d’arc de cercle. Lorsque nous l’avions visité la première fois, c’était la fin de l’hiver et la terre était apparente avec de petites touffes de végétation au ras du sol. Le terrain a bien changé depuis. Le printemps est passé par là. Les monticules sont enfouis sous une couche épaisse de végétation. Le déplacement y est devenu difficile, particulièrement la nuit.

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Un élément étrange avait déjà attiré notre attention, lors de notre première venue. Une sorte de minuscule “bunker” en béton. C’est un peu lui qui avait inspiré l’appellation “stalker”, du fait de sa similitude avec l’entrée de la chambre, au milieu de la zone, dans le film de Tarkovski.

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Kodak 2

La deuxième partie de notre session est consacrée à la friche kodak. Cette friche est très différente de la précédente, puisqu’il s’agit d’un immense espace vide dans la ville. Ce lieu va devenir dans quelques années un grand espace vert au bord du canal. C’est une vaste étendue plate ponctuée de bosquets. Rien à voir avec l’aspect intimiste de “satlker”. On a donc une toute autre facette à explorer, dans le cadre de notre travail sur les espaces vides.

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Lors de notre précédente venue, le sol était à moitié marécageux par endroits. Avec la période de sécheresse que nous avons connu, le sol est complétement praticable et sec.

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Nous retournons voir un arbre dont l’étrange aspect nous avait marqué. Pour y parvenir, nous marchons à travers des herbes hautes. Ici aussi, le printemps a fait son oeuvre et la végétation c’est nettement développée. Mais nous parvenons finalement à le retrouver.

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Conclusion

Ces deux espaces vides apportent deux visions différentes, mais complémentaires, à notre tableau sur les espaces vides. D’un côté, des détails intimistes au sein d’une profusion végétale, un espace clos, comme dans une forêt dense. De l’autre, une vision plus dégagée, plus large parfois et moins obscure d’une nature étrange laissée à elle-même. Ces espaces sont en constante métarmophose cyclique, contrairement aux espaces manufacturés qui changent par à coups. Ils sont le symbole de la force de la nature qui profite du moindre espace ou interstice pour se développer et apparaître là où on ne l’attendait plus, de sa capacité à s’adapter aux conditions les plus difficiles.

© Basses Lumieres 2011