FRAGMENTS

Journal d'un travail photographique et sonore sur les abords du canal de l'Ourcq

Repérages 2: Sevran

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Introduction

Notre déambulation se déroule cette fois à Sevran. Tout commence par un bout d’herbe, au bord d’une route de grand passage, sur lequel est posé un banc. On pourrait croire à une farce. Mais il n’en est rien, juste un de ces aménagements dont l’idée reste obscure à l’usager.

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Friche Kodak

Nous poursuivons notre route vers le canal et le traversons par une passerelle en bois. A Sevran, les abords du canal ont un aspect champêtre avec de la pelouse et des petits mobiliers de bois (tables, bancs, ...).

Notre regard est attiré par ce qui semble être un énorme terrain vague, envahie de végétation. Il est clôturé, mais nous pénétrons par une porte restée ouverte. C’est une étendue immense où la végétation pousse de manière anarchique. Nous apprendrons par la suite qu’il s’agit de l’emplacement des anciennes usines Kodak. Le terrain est à moitié marécageux et il n’est pas évident de s’y enfoncer. C’est un trou béant au milieu de la ville et on y trouve presque plus aucune trace apparente de son passé industriel. Ne subsiste qu’une sensation fantomatique d’un passé chargé d’histoire. Il sera transformé en parc dans le futur, mais aujourd’hui la dépollution des sols est encore en cours.

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Le Pavillonaire

Nous traversons de nouveau le canal, rejoignant la rive droite. A Sevran, l’ambiance champêtre des berges du canal est également le résultat de l’emprise du pavillonaire. C’est en effet un labyrinthe de pavillons dans lequel nous nous enfonçons. L’uniformité des rues est légèrement cassée par les décorations parfois très personnelles dans les jardins ou sur les portes.

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La traverse

Le RER traverse le quartier marquant une nouvelle fois une coupure. Nous trouvons une traverse au niveau d’une nationale qui marque la limite entre Sevran et Aulnay-sous-bois.

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Transition

Nous arrivons au bout de la zone pavillonaire, en remontant vers le nord. Une nouvelle ligne de démarcation se présente à nous. Entre les pavillons et les grands ensembles, une petite bande composée d’un parc, d’une usine aux allures de vaisseau spatiale et d’un parking abandonné.

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Résidence Irène

Nous cherchons à rejoindre le centre ville pour faire une pause, et pour cela nous prenons comme repère un immense immeuble que nous avions dèjà remarqué au début de notre marche. Il s’agit de la résidence Irène. C’est un élément architectural fort de la ville, très atypique. Mais c’est aussi un véritable point de repère car il est visible de très loin dans de nombreuses directions.

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Stalker

Nous traversons le parc aux pieds de la résidence Irène et atteignons une gare de RER aux abords du canal. Nous empruntons une route qui longe le rail et mène à une entrée du parc de la Poudrerie. Au bord de cette route, se trouve une parcelle, qui s’étend en longueur, entourée d’un mur. Nous trouvons un accès par un trou et pénétrons à l’intérieur. C’est un endroit très surprenant. On a l’impression d’être dans la zone de Stalker. Une butte encercle la parcelle, et au milieu le terrain est constitué d’une multitude de monticules de terre. Il est utilisé comme déchetterie et on y trouve de nombreux objets abandonnés. Mais tout cela créé finalement une ambiance mystérieuse avec ces traces humaines dans un lieu dont l’utilité reste indéterminée.

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Conclusion

Lors de ces premiers repérages à Sevran, nous avons vu émerger un élément très important dans la construction de notre travail. Un élément qui s’était déjà manifesté à Pantin et à Bobigny, de manière plus floue: les espaces vides. Ces espaces vides que sont les friches, mais pas seulement. Espaces résiduels, espaces en attente, espaces en mutation. Des lieux chargés de traces, qui ne communiquent que par elles, vides de toute fonctionnalité à un temps donné.

© Basses Lumieres 2011