FRAGMENTS

Journal d'un travail photographique et sonore sur les abords du canal de l'Ourcq

Repérages 3: Bobigny

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Introduction

Pour cette deuxième session de repérages à Bobigny, nous nous sommes intéressés à la zone entre le quartier de la préfecture (que nous avons déjà exploré) et la limite avec Pantin, toujours sur la rive droite du canal. C’est un territoire essentiellement occupé par la zone industrielle des vignes et le rail.

Rail abandonné

Le rail, dans la continuité de Pantin, occupe une place importante aux abords du canal. Il y a la gare de stockage du métro à proximité du parc de la Bergère. Mais ce lieu est très peu accessible sans autorisation. Nous nous intéressons donc à la continuité des rails en provenance de la gare de l’est, que nous avions déjà rencontrés à Pantin. L’accès est interdit, mais nous trouvons un portail ouvert qui nous permet d’y pénétrer. Là encore, l’emprise ferroviaire s’étend sur plusieurs dizaines de mètre de large. Un peu plus loin, le rail traverse le canal vers Noisy-le-Sec avant de s’enfoncer peu à peu vers l’est. Mais nous explorons une partie du rail qui est abandonnée. Nous nous enfonçons et nous rendons compte qu’elle mène jusqu’à l’entrepôt Citrail à Pantin.

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Les Gravats

Sur le côté, entre le rail et la route des vignes qui le longe, des parcelles dédiées au stockage de gravats forment des collines de sable et de gravier. Nous revenons sur nos pas et sortons de la zone ferroviare.

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Sur l'autre rive

De l’autre côté de la route des vignes, on trouve une parcelle de jardins ouvriers. Cette route est mûrée des deux côté sur toute sa longueur, ce qui lui donne un caractère particulier. Elle va jusqu’à Pantin, longeant la zone industrielle des vignes. Nous parcouront cette zone industrielle immense en voiture et traversons le canal pour rejoindre la RN3 et explorer la bande urbaine de Bobigny sur l’autre rive.

Cette bande étroite est particulièrement intéressante. Aux abords de Pantin, il y a ce vaste espace vide qui attend la construction du futur port. Ensuite, quand on se dirige vers Bondy, c’est une succession de batîments d’activités ou d’entrepôts. Mais on ne sait jamais très bien s’il sont utilisés ou non. Le rail, qui a lui aussi traversé le canal, vient de nouveau accentuer la coupure formée par la RN3. C’est un espace où devrait naître un écoquartier. C’est une zone où tous les problèmes qui se posent lors d’un réaménagement sont présents. Une zone aux enjeux majeurs pour trois villes: Bobigny, Romainville et Noisy-Le-Sec. Comment retouner ces trois communes sur le canal et développer le potentiel d’attractivité dont il est porteur? Comment sortir lentement de l’industrialisation des berges et se les réapproprier?

Conclusion

C’est un tout autre aspect de Bobigny que nous avons vu cette fois. Dans la continuité directe de la rive droite de Pantin, du fait de l’impact ferroviaire et industriel. Mais le rail, dans sa partie abandonnée, nous ramène à la problématique des espaces en attente qui ont perdu leur utilité.

La réappropriation du canal et sa mise en valeur, bute de manière évidente sur deux éléments majeurs de ce territoire: l’emprise des infrastructures de transports le traversant et les zones industrielles qui l’accompagnent.

Seulement, ces implantations sont tellement fortes, que se pose la question de la faisabilité de ces mutations. C’est une restructuration complète qui demandera beaucoup de temps qui semble se dessiner. A moins que ne s’éveille un réel élan ambitieux, collectif et coûteux.

© Basses Lumieres 2011