FRAGMENTS

Journal d'un travail photographique et sonore sur les abords du canal de l'Ourcq

Repérages 5: Bondy

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Introduction

Nous parcourons cette fois les berges de Bondy et d’une partie de Bobigny située après le parc de la Bergère. C’est la dernière zone que nous n’avions pas encore explorée de la porte de Paris aux Pavillons-sous-bois. Nous comptons ensuite étudier les abords du canal à Aulnay-sous-bois, avant de nous éloigner au-delà du parc de Sevran vers Tremblay-en-France et Villepinte, voire au delà, à la limie de la zone urbaine.

Noeuds routiers

Notre point de départ se trouve à un noeud routier, où la RN3 croise la A3 et la A86 qui se séparent. C’est un point de traverse important du canal avec le passage du tramway, d’une route et des autoroutes. Ce ne sont pas les bretelles gigantesques que l’on voit parfois au Japon, par exemple. Mais cela reste impressionant, surtout à l’intérieur de la ville. Ici, le réseau automobile en bordure de canal atteint son point culminant. C’est une succession de routes qui se croisent, passent les unes au-dessus ou en-dessous des autres.

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Les murs

Nous longeons le canal par le trottoir de la RN3 (rive gauche) en direction des Pavillons-sous-bois. D’un côté la nationale forme une véritable barrière que l’on ne peut franchir que par quelques passerelles. De l’autre, c’est la continuité de Bobigny, mis à part que les locaux d’activités ont été remplacés par des magasins en préfabriqué. Une fine bande, sans jamais aucun point de vue sur le canal. On voit un parking avec un mur au fond, un magasin ou un relais électrique. Toujours un obstacle pour nous masquer le canal. Pourtant, il reste présent, car l’obstacle naturel qu’il forme se fait ressentir indirectement. Sa ligne est présente.

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L'autre rive

Arrivés non loin des Pavillons, près de la limite de Bondy, nous prenons un pont, afin de rejoindre l’autre rive. Au bout du pont, un escalier qui nous mène au pied d’un immeuble, dans une petite rue. Cette rive semble beaucoup plus résidentielle. Mis à part l’hôpital à proximité et quelques ensembles d’immeubles éparses, c’est essentiellement pavillonaire.

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Errance

Mais le problème reste le même, l’accès au canal. Des grillages et un nivellement bloquent encore l’accès, de même que les parcelles privées qui le jouxtent. Nous voyant égarés, un homme nous ouvre le portail de son entreprise et nous indique un chemin menant à un accès au canal.

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Les passerelles

Nous arrivons à une entrée, qui est également une passerelle. Les passerelles ont une importance toute particulière sur ce territoire. Aussi bien point de repère, que lieu de traverse. Elément incontournable du décor avec leurs zigzags ou leur forme arc boutée. Elles se ressemblent un peu, mais sont toutes singulières.

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Les machines

Après avoir un peu marcher sur les berges de la rive droite, en direction de Bobigny, se dresse devant nous un site de l’entreprise Lafarge. Grande entreprise de matériaux de construction. C’est une jungle de citernes gigantesques reliées par des tuyaux métalliques. Au sol, des tas de matériaux. Un monde de machineries orchestré par un ballet de camions de transport. Ca semble démesuré et du coup c’est fascinant.

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On focalise, peu à peu, sur les détails de ces machines. Cherchant à comprendre les rouages de cette chaîne d’actions répétées.

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Mémoire d'un terrain

Nous continuons à avancer et arrivons sur un terrain vide. Il y avait encore, très récemment, un bidon ville ici. Les gens ont été expulsés, mais les traces sont encore bien présentent, malgré le passage des pelleteuses et des bennes. Ce vide évoque une violence plus forte que l’acte qui l’a créé.

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Conclusion

Nous voyons, suite à ces repérages, apparaître de nouvelles pistes dans notre travail.

D’abord, il y a ces noeuds routiers, bretelles, passerelles et autoroutes suspendus, qui avec le rail marquent l’emprise des réseaux de transport. Mais sous une forme différente, par le croisement, la superposition. Là où le rail se contente de s’étendre en largeur et de pénétrer le territoire. Le réseau routier et les passerelles offrent des dispositions plus complexes. Pourtant, on est confronté au même type de problèmes car on est là aussi dans des axes principalement traversant, qui n’ont pas pour vocation première de lier les éléments à proximité, entre eux.

Une autre piste qui émerge, concerne les machines et les structures industrielles. De nombreuses industries sont présentes sur le territoire, notamment des indutries de matériaux. Mais leur présence n’est pas seulement visible par des entrepôts ou la surface qu’elles occupent. Elle s’accompagne aussi de toute une logistique soutenue par la machinerie (citernes, containers, pelleteuses, tuyauteries, bidons, camions, ...). De la même manière que des habitants peuplent une ville, ces mécanismes peuplent les zones industriels. Ce sont elles qui l’animent et ces espaces leurs sont dédiés.

© Basses Lumieres 2011